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Djoko D. Pejovic

LE MONTÉNÉGRO À L'ÉPOQUE DE PIERRE IER ET DE PIERRE II

La période de la création et du développement de l'Etat monténégrin se caractérise par de nombreux événements politiques, économiques et sociaux dans les Balkans et dans l'Europe de la fin du XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle. L'influence des facteurs de développement intérieurs et extérieurs s'est manifestée dans des conditions générales tout à fait particulières. Les lois de la formation, du maintien et du développement de leur communauté en tant qu'État attirent l'attention du chercheur sur plusieurs problèmes. La façon de surmonter les contradictions qui surgissent dans une tribu ou entre les tribus, le processus de leur unification après deux grandes victoires sur l'armée turque à Martinici et à Krusi (en 1796), rendent la question encore plus délicate.

Les difficultés objectives, causées par la situation économique et géographique, ainsi que par les rapports internes et les dangers permanents venant de l'extérieur, n'ont ni déjoué ni réduit le rôle historique de Pierre Ier et de Pierre II. C'est à leurs puissantes personnalités princières que l'on attache les actes les plus importants de la vie du pays dans son ensemble, ainsi que l'appui des facteurs politiques externes, dont celui de la Russie en premier lieu.

Les conceptions des deux princes sur le plan idéologique et politique ainsi que leur attitude à l'égard du principe de nationalité exprimaient essentiellement ce qui avait depuis toujours existé dans l'expérience et dans la connaissance du peuple du Monténégro et des Montagnes sur eux-mêmes et sur les peuples dont ils voulaient partager le sort.[1]

Pierre Ier Petrovic, prince-évêque et chef de l'armée monténégrine, est sans aucun doute une des personnalités de la plus haute importance dans l'histoire du Monténégro. C'est ce qu'on peut affirmer de nos jours avec d'autant plus d'assurance qu'il avait à résoudre des problèmes difficiles dans des conditions internes et externes extrêmement compliquées pour la formation de l'Etat et pourtant le succès de ses entreprises fut grand. Dès le début prêt à s'engager pour la cause commune dans le processus de la formation et du développement de l'Etat, Pierre Ier accomplit sa tâche historique. Très réaliste dans l'évaluation des circonstances dans lesquelles se trouvait son pays, il fut obligé d'appliquer une tactique appropriée. Suivre attentivement l'évolution des événements dans les rapports des grands pays en Europe permettait au chef de l'Etat monténégrin de trouver des solutions avantageuses.

En instituant le Sénat, les gardes du corps et la garde, en supprimant les gouverneurs, Pierre II, soutenu par de nombreux adeptes, consolide le pouvoir de l'État. Auparavant il avait réussi à assurer les moyens financiers nécessaires pour fixer les services importants et à en prévoir d'autres pour leur futur fonctionnement permanent de plus en plus intense. Les meilleures possibilités politiques, ouvertes par le développement des forces économiques et sociales du pays dans des circonstances extérieures plus favorables, facilitaient au jeune chef de l'Etat de se frayer le chemin de l'absolutisme du pouvoir. Il réussit à influer sur l'attitude des autres puissances à l'égard du Monténégro. La délimitation des frontières avec l'Autriche ainsi que le contrat conclu avec le pacha de l'Herzégovine exigeant plus de tolérance dans les rapports, représentent des traits importants de sa politique. Pour lui, la notion de liberté devenait de plus en plus l'expression d'une lutte pour l'unité spirituelle des peuples. Dans le processus de la réalisation de tels buts la première insurrection serbe représentait pour lui un acte d'importance pour l'histoire des peuples yougoslaves.

La création de l'Etat ainsi que l'œuvre culturelle de Pierre Ier et de Pierre II représentent une base extrêmement riche pour le développement du Monténégro dans tous les domaines. Et en tant que réalité de la vie du pays, et en tant que propriété consciente du peuple, leurs œuvres ont contribué à la formation et l'épanouissement de l'individualité des Monténégrins. En créant l'État, en assurant l'unité du pays, les deux princes-évêques assuraient les conditions de son existence de sa liberté et de son affirmation dans le monde. C'est à cela que reste étroitement lié leur effort d'instruire le peuple, de réunir les productions populaires et d'écrire des poèmes sur la lutte du peuple pour la liberté, d'écrire une histoire du Monténégro dont le message fut connu même en dehors de ses frontières, d'ouvrir des écoles, de multiplier la publication des livres et de développer la presse en général, d'établir des relations avec les auteurs illustres et avec les diverses institutions yougoslaves et étrangères. Leur importante œuvre politique, culturelle et éthique, et notamment la grande œuvre poétique de Pierre II, devaient contribuer à ennoblir les connaissances des Monténégrins sur la lutte sur leur propre sol, leur connaissance des valeurs réelles en tant que composantes importantes de leur identité nationale et des besoins de la formation de leur propre être social et historique. Tout ce qui à cette étape de transition dans l'histoire du Monténégro avait été créé dans le domaine de l'organisation de l'État, de la société et de sa culture eut une valeur politique énorme; elle axait l'attention du monde sur le Monténégro, initiateur de la lutte pour l'émancipation de la péninsule balkanique. Les nouveaux succès politiques et militaires du Monténégro assurèrent à ce pays le prestige d'un État réellement indépendant, égal en droits aux autres pays sur le plan international, confirmé finalement au Congrès de Berlin, en 1878.

Djoko D. Pejovic, Le Monténégro à l'époque de Pierre Ier et de Pierre II, Belgrade, 1981. (livre en serbe, résumé en français)

La note de Monténégro serbe - [1] L'identité nationale des Monténégrins est celle des Serbes. Pejovic écrit en détail sur l'identité nationale serbe et sur l'idée nationale serbe des Monténégrins. Il cite les mots de Petar Ier Petrovic la veille de la bataille contre les Turcs sur Martinici en 1796 par lesquels il invite les Monténégrins à montrer comment en nous bat un cœur serbe non éteint et comment le sang serbe bout. À la veille de la bataille de Krusi, la même année, Petar Ier appelle les Monténégrins à se jeter sur l'ennemi en notre très cher nom serbe en ajoutant que les Turcs, même en ce moment, ont peur des Monténégrins, des chevaliers serbes. Pour Petar II Petrovic-Njegos, le Monténégro est le saint temple de la gloire serbe et le nid des Serbes, tandis que les Monténégrins sont le peuple du Monténégro serbe, le cœur de la liberté serbe, etc. (Djoko D. Pejovic, Le Monténégro à l'époque de Pierre Ier et de Pierre II", pages 454-462)

Le texte a été corrigé tant au niveau de l'orthographe que de la grammaire le 26.11.2000.